Saint herblain : dernier village gaulois ?

Après Ste Luce, Nantes, Indre, Treillères, Vigneux… Couëron s’engage dans l’accueil de quelques familles roms. Eclairage de la part des élu-e-s EELV de Couëron :

Bonjour,

Vous avez pu lire dans la presse quelques articles concernant l’installation de familles Roms sur Couëron. Voici, pour alimenter le débat, quelques informations complémentaires.

D’où viennent les Roms Couëronnais ?

Tout d’abord, les Roms (ou Rroms) sont des immigrés contrairement aux gens du voyage qui sont des français caractérisés par leur itinérance.

Le peuple Roms est un peuple d’origine indienne,  dont les ancêtres sont venus de la moyenne vallée du Gange, en d’Inde du Nord, il y a environ 800 ans.

Ils sont aujourd’hui dispersés dans le monde entier, surtout sur notre continent. On compte environ 12 millions de Roms en Europe, les deux pays qui en abritent le plus étant la Roumanie et la Bulgarie. Les Roms sont un peuple sans territoire compact, qui n’a jamais eu de revendications territoriales, mais qui est lié par une conscience identitaire, une origine, une culture et une langue communes. Environ un demi-million de Roms vivent en France, ce qui représente environ 1% de la population.

Concernant les 6 familles Couëronnaises, après un parcours chaotique, elles quittent Chantenay (80 familles) pour Indre (50 familles) puis Couëron (7 familles) où elles arrivent le 24 juin 2011, quai Emile Paraf.  A ce jour, 6 familles vivent sur les bords de Loire, la 7ème famille a été relogée avec l’aide de l’association « Toit à MoiI » qui loge et accompagne durablement des sans-abri dans un but d’insertion sociale et professionnelle. Un autre groupe s’est installé sur un terrain au nord est de la commune. Les mesures d’intégration actuelles concernent les 6 familles du quai Emile Paraf.

Une vidéo peut aider à se faire une idée des difficultés : http://www.dailymotion.com/video/xeupga_roms-marqueur-de-la-democratie_news

Des freins à l’intégration

Ces Roumains de culture Rom n’ont légalement (et ce jusqu’en 2014) accès qu’à de rares métiers, sous conditions de taxes pour les employeurs.  Ils sont interdits de pôle emploi et des missions locales.

Leur culture, leur mode relationnel peuvent parfois dérouter.

Ils posent la question de la solidarité avec les pauvres d’Europe de l’est, de la cohabitation de cultures différentes, de la sédentarisation de groupes qui sont d’abord itinérants parce que rejetés de partout. Ils débarquent à Couëron, comme d’autres émigrés en d’autres temps. Ils posent aussi la question de l’Europe à deux vitesses.

Ces Roms étaient évoqués à l’exposition « Nantais venus d’ailleurs », au Château des Ducs de Bretagne. Exposition à la fois pédagogique et émouvante. Ils y côtoyaient les étrangers qui ont contribués à construire le Couëron que nous connaissons.

L’exposition retraçait la difficulté des immigrés à trouver une place dans nos communes, ainsi que l’apport de richesses culturelles liées à leurs différences.

Quelle volonté d’accueil à Couëron ?

La position de élus municipaux Couëronnais est diverse, elle est significative du degré de volonté d’ouverture et de solidarité de chacun, à l’égard des migrants. Il existe pour certains des résistances fortes à cette arrivée et à l’intégration de familles Roms qui sont d’abord des personnes d’une extrême pauvreté.

Europe Écologie Les Verts  soutient une intégration digne de ces six familles Roms sur la commune, avec la famille déjà sédentarisée, cela ferait sept familles. Indre qui compte environ 3 800 habitants, accueille cinq familles. Le Pellerin qui compte environ 4 200 habitants, accueille deux familles. Sans parler de Treillières et d’autres communes de l’agglo. A Sainte Luce, la ville a avancé les fonds, fait les aménagements sur un terrain avec une convention d’utilisation de 3 ans à titre gracieux, renouvelable. 6 mobil homes ont été achetés par la ville (15 000€) et 4 mobil homes achetés par souscription de l’association (4 000€) et 3 mobil homes donnés par des campings pour faire un vestiaire, une salle de cours… La ville de sainte Luce a également acheté 2 blocs sanitaires : douches, WC et local pour machines à laver.

Il parait réaliste que Couëron et ses 19 000 habitants puisse accueillir six familles afin qu’elles ne soient plus la « patate chaude » que chaque municipalité tente d’orienter vers ses voisins.

La solution ne doit pas être un mauvais compromis entre une expulsion qui ferait désordre et une démarche active d’intégration en respectant le rythme de ces personnes à la culture différente. Veillons à ne pas mettre en place un bidonville d’un peu plus haut niveau que celui qui existe en bord de Loire.

Faut-il aller, comme le souhaite la droite, vers une immigration choisie, intéressée ? Ou plutôt nous appuyer sur nos valeurs de gauche : la solidarité, le partage, le respect des histoires et des cultures ? Allons nous emprunter les discours entendus sur les bons et mauvais pauvres, y a-t-il une préférence nationale ou municipale à appliquer quand il s’agit de soutenir les familles dans la misère ?

Une association pour soutenir l’intégration

L’association Couëronnaise dite « Fraternité Couëronnaise » a pour objet la mise en œuvre d’actions pour aider, accompagner, rencontrer les familles Roms et autres installées sur la commune de Couëron, agir en direction des élus et des instances locales, départementales, régionales et nationales pour trouver des solutions d’accueil pérennes, et apporter son soutien pour le développement économique, social et solidaire des  populations ROMS et autres sur la commune de Couëron. L’association est non confessionnelle et apolitique. Elle recherche des bénévoles pour participer au soutien scolaire, à la recherche d’emploi, etc…

Il est probable que l’association « Une famille un toit » participera également à l’encadrement des familles accueillies.

Contact : fraternite-coueronnaise@laposte.net

 Une réunion publique le 10 novembre, 20h Salle de l’Estuaire

 La ville organisera une réunion publique sur la question le jeudi 10 novembre prochain à 20h, Salle de l’Estuaire à Couëron. D’ici là, des rencontres auront eu lieu avec les riverains du futur terrain d’accueil.

J. Havard – conseiller municipal EELV – Couëron

Mots-clés : ,