La démocratie participative

Mi-mandat : troisième volet consacré à la démocratie participative

Voici les réponses aux questions posées lors de la rencontre publique du 20 septembre 2011.

Les conseils consultatifs de quartier ont-ils un réel pouvoir de décision ?

Comme leur nom l’indique, ce sont avant tout des organes consultatifs qui vont aider à la prise de décision. Le fait que les élu-es aient le pouvoir de décision final ne nous choque pas car ils sont garant-es des deniers et des engagements publics, de par leur mandat. Ils doivent pouvoir répondre de leurs choix après avoir pris les avis éclairés de leurs concitoyen-nes.

Les problèmes dont les CCQ demandent le règlement sont parfois très complexes. Les réponses apportées aux questions d’incivilités, d’insécurité, à des contraintes extérieures, sont le résultat de compromis et n’ont souvent que peu d’efficacité…

Les CCQ peuvent-ils prendre des positions ?

Bien sûr, ils sont soient sollicités par les élu-e-s sur des politiques publiques, des aménagements, des grands projets. Mais ils peuvent aussi, après concertation avec les élu-e-s, s’autosaisir de tel au tel dossier et faire des propositions.

Les CCQ, d’un quartier à l’autre, sont tous différents. Nous avons constaté une importante production d’avis, de propositions… Cette activité reste très dépendante de l’implication de leurs membres.

Les CCQ ont besoin d’un référent/animateur indépendant.

La ville a mis en place un soutien aux CCQ avec un référent administratif, chargé des relations avec les services, de la logistique et de la partie administrative. Mais, en l’absence d’une ligne politique claire, les services ont une tendance naturelle au cadrage… Nous entendons par « ligne politique claire », la possibilité donnée aux CCQ de s’emparer de l’ensemble des dossiers et d’y apporter tous les avis et propositions qu’ils souhaitent faire.

Au gré des dossiers, nous naviguons entre une information minimum, parfois, très tardive et une saisine sur un dossier précis, souvent de faible impact…

En tout état de cause, le bureau du CCQ doit veiller au respect de cette indépendance, en rappelant régulièrement le positionnement d’accompagnateur du référent, de facilitateur.

Comment aller plus loin dans la participation des habitants ?

Il y a sûrement plusieurs types de démocraties participatives.  Idéalement ce serait le partage du pouvoir entre les Politiques et toutes et tous les Citoyen-nes. Le fonctionnement des CCQ n’est pas satisfaisant en l’état et il existe des marges de progrès.

La question du budget dédié mérite d’être posée. Il faudrait en discuter l’intérêt, le montant, la répartition, la validation….

La représentativité des membres des CCQ est également un sujet de débat indispensable.  

Les CCQ sont un outil parmi d’autres de la participation. Les citoyen-nes expriment individuellement une demande de contrôle, de prise de parole, de vigilance bien naturelle. Mais comment impliquer chaque habitant-e, y compris les jeunes dans la vie de la commune ? Nous ne sentons pas de condescendance dans nos rapports avec les habitant-es, mais plutôt une difficulté à les toucher, les motiver collectivement. Nous sentons bien que déclarer « aller chercher les gens où ils se trouvent » n’est pas suffisant. D’ailleurs l’expérience du tirage au sort de personnes sur les listes électorales, pour participer aux CCQ, nous convient et a permis une ouverture.

Ce n’est que si les Herblinois-es s’engagent assez nombreux, nombreuses et réfléchissent ensemble que la situation pourra évoluer.

La démarche participative est lente, les réflexions doivent être anticipées aux projets, collectées et soumises à validation puis retournées vers les habitant-es. Il ne faut pas confondre consultation et participation réelle.

Une réflexion commune, construite peu à peu nous semble plus riche, plus motivante, elle parait plus chronophage, mais au bout du compte chacun y gagne en respect des autres partenaires et en meilleure connaissance réciproque évitant malentendus et défiances.

La transparence est nécessaire et nos réponses d’élu-es, qu’elles soient positives ou non, doivent toujours être argumentées.

La participation démocratique ne doit pas être figée, elle doit sans cesse être réévaluée et adaptée pour fonctionner véritablement.

  Marie Paule ANNETTE

Nadine DOUAUD

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