Mi-mandat : la gestion des déchets ?

Mi-mandat : quatrième volet consacré à la gestion des déchets

Voici les réponses aux questions posées lors de la rencontre publique du 20 septembre 2011.

Quel développement du compostage collectif ?

Un premier rappel : la gestion des déchets est une des compétences de la communauté urbaine. La ville accompagne des initiatives métropolitaines et participent à l’instruction des dossiers la concernant directement.

Dans le cadre d’une réduction des déchets, le compostage individuel et collectif participe à cette diminution.

Le compostage individuel progresse, encouragé par la communauté urbaine (petit coup de pouce de 20€ pour l’achat d’un composteur) et reste relativement simple à pratiquer quand on dispose d’un jardin.

Le compostage collectif nécessite une mobilisation des habitants et un minimum d’accompagnement et d’aide de la collectivité. Une association spécialisée, Compostri, peut apporter son aide. Dans son Agenda 21 (action 60), la ville manifeste son soutien aux expérimentations de points de compostage dans les quartiers.

Pour le groupe d’élu-e-s ESHA – EELV, on ne doit plus parler d’expérimentations. Il est possible maintenant de mettre à la disposition des habitants dans les quartiers d’habitat collectif, des « pavillons de compostage », en pensant un maillage très resserré pour en faciliter l’utilisation.

Parallèlement, un travail d’éducation doit être systématiquement enclenché dans les écoles autour du compostage des déchets de la restauration collective.

Quel soutien au tri sélectif dans l’habitat collectif ?

Là encore, il faut prendre les choses dans le bon ordre. Tant qu’on aura pléthore d’emballages, d’objets à usage unique…, on devra faire face à des difficultés quasi insurmontables liées aux volumes à trier, aux espaces disponibles dans les immeubles et dans les appartements, aux coûts de collecte, aux modes d’élimination…

Lors du bilan d’activité présenté chaque année par le service déchets de la communauté urbaine au conseil municipal, nous intervenons pour rappeler cette exigence et demander que des négociations soient engagées avec les professionnels de la grande distribution.

Deux systèmes sont en place dans les quartiers d’habitat collectif de l’agglomération : Tri’sac (deux sacs de couleur différente qui permettent de trier d’un coté les déchets secs et de l’autre le tout venant non recyclable) et la collecte habituelle associée à un apport volontaire (verre/papier/plastique) dans des containers installés sur la voie publique. Limité aux quartiers nantais. Une généralisation progressive (car coûteuse) de Tri’sac est prévue pour l’ensemble de l’agglomération d’ici 2014…

Quelles évolutions des déchetteries ?

Une rénovation des déchetteries est en cours mais qui se heurte, encore une fois à des capacités financières… On rénove d’abord les équipements les plus vétustes.

Les élu-e-s EELV, Régionalistes et Solidaires, du conseil communautaire, ont obtenu que des « recycleries » fassent leur apparition dans les nouvelles déchetteries. Il s’agit de récupérer tous les objets pouvant être réutilisés après un traitement minimum. L’association Ecorev assure cette seconde vie aux objets récupérés. ATAO remet en état les vélos. Envie rénove l’électroménager et assure aussi le recyclage des déchets d’équipements électriques et électroniques.

Concernant les déchets verts, nous sommes plutôt favorables à la création de points de broyage et de compostage dans chaque grand quartier herblinois (par exemple, dans chaque atelier des espaces verts). En rapprochant le lieu de collecte des lieux d’habitation, nous limiterons les déplacements et diminuerons les volumes à traiter.

Quel intérêt pour moi de trier mes déchets si je paye la même chose que mon voisin qui ne trie rien ?

Vous abordez la question du coût uniforme de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM). Elle est un pourcentage de la valeur locative de votre logement (qui sert aussi de base à la taxe d’habitation et la taxe foncière).

La TEOM, ne tient nullement compte de la composition du foyer, pas plus que de la durée d’utilisation effective du service ou du comportement plus ou moins écologique en matière de tri des déchets.

De plus en plus d’agglomérations font le choix de prendre en compte le volume des déchets pour calculer le montant de la Taxe d’Enlèvement des Ordures ménagères (TEOM). Cette «redevance incitative» donne de bons résultats : elle nécessite de la pédagogie et suppose de prendre en compte la composition des familles.

Les élu-e-s EELV, Régionalistes et Solidaires du conseil communautaire ont proposé d’étudier à l’échelle de Nantes Métropole un nouveau calcul de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères et pourquoi pas de l’expérimenter dans une commune ou un quartier.

Tri et incinération font-ils bon ménage ?

La « valorisation énergétique » (terme plus positif pour parler de l’incinération…) est apparue un temps la solution à l’élimination de volumes de déchets en constante augmentation. La réduction des déchets à la source et le développement du tri, conséquence d’une utilisation plus sobre de nos ressources (matières premières et énergie), rend désormais obsolète cette « valorisation énergétique ». Et ce, pour plusieurs raisons :

– Une bonne combustion et élimination des déchets nécessitent un comburant. Celui-ci était en quantité suffisante tant qu’on ne triait pas trop. Il restait suffisamment de papiers, cartons, plastiques pour brûler l’ensemble. Avec la montée en puissance du tri, il devient nécessaire d’entretenir la combustion par un apport d’hydrocarbure… On marche sur la tête !

– L’augmentation prévisible des coûts de l’énergie et la raréfaction des matières premières va nous inciter de plus en plus à recherche leur réutilisation.

– La nécessaire réduction des gaz à effet de serre va nous obliger à revoir nos modes de retraitement. En effet, pour être « rentable », la valorisation énergétique demande des équipements de taille importante, imposant de nombreux déplacements de camions et des émissions de CO2 et autres gaz…

Cela ne se fera pas du jour au lendemain et il faut donc anticiper dès maintenant. Comme pour le nucléaire, nos partenaires de gauche ne semblent pas pressés de s’y atteler !

Pierre Tréguier
Conseiller communautaire

Marie Hélène Nédélec
Conseillère communautaire

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