Roms : les eurodéputés rappellent aux états membres les valeurs qui fondent l’union européenne…

Le Parlement européen vient d’adopter à 337 voix contre 245 une résolution sur la situation des Roms et la libre circulation des personnes dans l’UE, proposée par les Verts, les libéraux, les socialistes et les communistes. Un moment fort pour la délégation Europe Écologie qui a manifesté en plénière son indignation face à la politique sécuritaire mise en œuvre par le gouvernement français.

Ce jeudi 9 septembre, les eurodéputés réunis dans l’hémicycle de Strasbourg se sont mis d’accord pour rafraîchir la mémoire aux Etats-membres qui semblent parfois ignorer les quelques principes fondamentaux de l’Union européenne. En tête des recommandations que vient d’approuver l’ensemble du Parlement, ce rappel : « L ’UE est d’abord et avant tout fondée sur des valeurs qui visent à encourager l’existence d’une société ouverte et inclusive ainsi que la citoyenneté de l’Union, interdisant toutes les formes de discrimination… »
S’appuyant sur la législation en vigueur dans l’UE et en premier lieu sur la Charte des droits fondamentaux, la résolution qui vient d’être adoptée condamne fermement la politique de renvois groupés et les discours entendus en France à l’encontre des Roms depuis cet été. Les eurodéputés n’épargnent pas non plus la Commission européenne, gardienne des traités, qui a réagi tardivement et trop discrètement à ces récents événements. Hélène Flautre, qui a co-rédigé ce texte au sein de la commission des Libertés civiles, est intervenue en plénière pour commenter ce « test crucial » pour les institutions européennes : « Qu’attendez-vous pour défendre la Charte des droits fondamentaux ? , a-t-elle demandé à José Manuel Barroso. Quelle image de l’Europe êtes-vous entrain de donner si vous ne protégez pas nos principes fondateurs ? »
Les parlementaires veulent désormais que le Conseil européen et la Commission s’engagent concrètement pour que les droits des minorités soient reconnus et effectifs. Droit de résidence, accès à la scolarité, à la santé, au marché de l’emploi, droit au logement ou à la représentation politique… « Nous attendons de la Commission et des Etats-membres qu’ils mettent en œuvre une stratégie européenne pour l’inclusion des Roms », conclut Hélène Flautre.
Les phrases-clés de la résolution :
« Tous les citoyens de l’Union et les membres de leurs familles ont le droit de circuler et de séjourner librement, ce qui constitue un pilier de la citoyenneté. »
« Les expulsions collectives sont interdites par la Charte des droits fondamentaux et par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Elles constituent une discrimination fondée sur la race et l’appartenance ethnique. »
« La rhétorique provocatrice et ouvertement discriminatoire qui a marqué le discours politique au cours des opérations de renvoi des Roms dans leur pays, donne de la crédibilité à des propos racistes et aux agissements de groupes d’extrême droite. »
« L’absence de revenus ne peut en aucun cas justifier une expulsion automatique des citoyens de l’Union. Les restrictions à la liberté de circulation et de séjour pour des raisons d’ordre public, de sécurité publique ou de santé publique ne peuvent se fonder que sur un comportement individuel et non sur des considérations générales relevant de la prévention ni sur l’origine ethnique ou nationale. »
« L’Union et tous les Etats-membres doivent assumer ensemble la responsabilité qui leur incombe de promouvoir l’intégration des Roms, laquelle nécessite une approche globale au niveau de l’Union prenant la forme d’une stratégie de l’Union concernant les Roms, fondée sur les engagements pris lors du deuxième sommet relatif aux Roms à Cordoue. »
Découvrez la résolution complète sur le site du Parlement européen.

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