Aéroport : la fermeture de la piste à Nantes bat de l’aile !

Aéroport de Notre-Dame-des-Landes : la fermeture de la piste à Nantes bat de l’aile

Par J. Le-Brigand – le 12/09/2012

Réaffirmée à plusieurs reprises par les collectivités de Loire-Atlantique, la fermeture de l’aéroport de Nantes Atlantique après l’ouverture de Notre-Dame-des-Landes, annoncée pour 2017, a du plomb dans l’aile : la mesure serait de nature à remettre en cause la pérennité de l’usine Airbus en pleine expansion.


Il est trop tôt pour parler de rétropédalage mais le maintien de la piste pour les besoins de l’industriel semble tenir la corde, une hypothèse que les élus socialistes au pouvoir localement, Jean-Marc Ayrault en tête, avaient balayée d’un revers de main en 2009.

Atout industriel, opérationnel et économique – A l’époque, les syndicats de l’entreprise étaient pourtant montés au créneau, rappelant qu’aucun site du groupe en Europe ne fonctionne sans une telle infrastructure : la livraison des tronçons d’appareils de la famille A320 entre les établissements s’effectue au moyen de l’avion-cargo Beluga et un avion de liaison transporte quotidiennement des salariés entre Nantes, Saint-Nazaire et Toulouse.

« La piste constitue un atout industriel, opérationnel et économique », souligne Xavier Dahéron, délégué à la CFE-CGC.

Officiellement, un groupe de travail, constitué en 2010 et présidé par la communauté urbaine, continue à analyser deux scénarios logistiques alternatifs : le transport par barge sur la Loire et/ou par le réseau routier jusqu’à l’usine de Saint-Nazaire.

Mais le bilan coûts/avantages leur est nettement défavorable au regard des besoins de l’avionneur. Rien de bien nouveau à vrai dire : une étude commandée par le conseil général préconisait déjà en 2001 de conserver le tarmac pour la même raison.

Interrogés, les différents protagonistes refusent de s’exprimer : de Nantes Métropole au Syndicat mixte aéroportuaire en passant par Airbus, chacun se refile la patate chaude.

Argument ultime – C’est que le dossier est politiquement très sensible. L’annonce il y a trois ans de la fin programmée des vols à Nantes Atlantique a servi d’argument ultime pour tenter de gagner la bataille de l’opinion publique : le transfert vers Notre-Dame-des-Landes est censé répondre « à la sécurité des Nantais » en évitant le survol à basse altitude de l’agglomération et au besoin de densification de l’espace urbain, un des enjeux du développement durable, aujourd’hui contrariée par le plan d’exposition au bruit.

Cette dimension « grenello-compatible » se conjuguerait difficilement avec une superposition des équipements.

L’aspect financier constitue l’autre facette du dossier. Si la piste devait perdurer, qui assumera le coût de son exploitation ? Si le groupement mené par Vinci a bien l’obligation, écrite noir sur blanc dans le contrat de concession signé fin 2010 avec l’Etat, de s’assurer qu’elle demeure opérationnelle, sa gestion n’y figure pas.

21 % déjà – Et il n’est pas sûr qu’en cette période difficile, les collectivités aient envie de remettre au pot alors qu’elles financent déjà 21 % du coût prévisionnel de Notre-Dame-des-Landes.

« On n’a pas de plan B, estime Michel Pontoizeau, délégué FO. Le moment venu, il faudra réintégrer la piste dans le périmètre d’Airbus qui a les moyens de financer son entretien. Vous connaissez beaucoup d’usines aujourd’hui ayant plus de 7 années de plan de charge ? »

Mots-clés :