Comment optimiser l’éclairage public ?

Comment optimiser l’éclairage public ?

Gaspillage énergétique, pollution lumineuse, coût financier…, il est temps de réduire notre éclairage public en choisissant des modes d’éclairage doux et raisonnés dans le respect de l’environnement.

Les élu-es du groupe ESHA-EELV proposent que les CCQ se saisissent de ce dossier !

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Le parc d’éclairage public français comprend actuellement près de 9 millions de lampes qui fonctionnent en moyenne 3 500 heures par an. Cela équivaut à environ 5,6 térawattheures (TWh) soit 47 % des consommations d’électricité des communes et une dépense moyenne de 7,1 euros par habitant et par an. Selon l’ADEME, cela représente l’équivalent de la production de deux réacteurs nucléaires de 1.000 MW.

Aux consommations d’énergie, il faut ajouter les dépenses de maintenance ou d’investissement, liées à l’éclairage public, qui représentent 1,2 milliard €.

Par comparaison, on observe que la consommation française est deux fois plus importante qu’en Allemagne (moins de 50 kWh par an et par habitant). Des marges de progrès substantielles existent, donc, dans ce domaine.

En 2009, le « Grenelle I », a considéré que l’éclairage public représentait un gaspillage énergétique conséquent et une source de perturbations pour les écosystèmes et la santé humaine :

« Les émissions de lumière artificielle de nature à présenter des dangers ou à causer un trouble excessif aux personnes, à la faune, à la flore ou aux écosystèmes, entraînant un gaspillage énergétique ou empêchant l’observation du ciel nocturne feront l’objet de mesures de prévention, de suppression ou de limitation. »

Le « Grenelle II » a renforcé les pouvoirs de police du maire dans le domaine des pollutions lumineuses.

Extinction des enseignes lumineuses la nuit :

Depuis dimanche 1er juillet 2012, les enseignes lumineuses, dans les villes de moins de 800 000 habitants, devront être éteintes la nuit, entre 1 heure et 6 heures du matin. Ce nouveau règlement s’applique d’abord aux nouvelles installations, néons, panneaux ou publicités lumineuses, avant de s’imposer progressivement aux 3,5 millions d’enseignes existantes d’ici 2018. A terme, cette mesure devrait permettre d’économiser 1 térawattheure par an, soit la consommation annuelle de 370 000 ménages.

Effets de la pollution lumineuse sur l’homme et la biodiversité

Cette pollution est le résultat d’un facteur naturel conjugué à un phénomène artificiel : la lumière émise par l’éclairage artificiel est réfléchie par le sol et les bâtiments et diffusée par les gouttes d’eau, les particules de poussières et les aérosols en suspension dans l’atmosphère. Si l’augmentation des éclairages nocturnes a un coût énergétique certain, elle a également un impact sur les populations animales, végétales et humaines, avec des effets sur le dérèglement nerveux et hormonal. Certaines études évoquent même un impact sur le développement de cancers.

L’éclairage joue-t-il un rôle dans le traitement de la sécurité dans les villes ?

En l’état actuel des recherches, il n’existe pas d’étude scientifique qui établisse formellement un lien entre la baisse de la délinquance et l’éclairage. Mais l’ambiance d’un lieu contribue au sentiment d’insécurité : « être dans une rue sombre fait que l’on a davantage peur » corrobore François Freynet, consultant en sécurité urbaine. Dans le domaine de la sûreté urbaine, on constate en effet des effets pervers à tout : qui dit éclairage, dit zone d’ombre à proximité et la création d’un niveau d’anxiété supplémentaire. Avec l’éclairage, on voit venir l’agresseur, mais celui-ci voit aussi sa cible de plus loin… « Pourtant, poursuit François Freynet, l’éclairage est un bel outil, trop peu utilisé. L’essentiel est de travailler sur les ambiances, notamment piétonnes, et de les diversifier en fonction des pratiques : loisir, travail ou passage. »

Des solutions existent :

De plus en plus de petites communes optent pour une rénovation de leur éclairage public, à la fois pour lutter contre la pollution lumineuse et pour réaliser des économies d’énergie. Citons notamment la suppression des sur-éclairements (supérieurs à 30 lux), la suppression des boules énergétivores, l’utilisation de luminaires haute performance et de lampes basse consommation, mais aussi des réducteurs de puissance ou encore des ballasts électroniques (qui assurent un rendement plus important et un allumage/extinction plus rapide). Par ailleurs, le remplacement des sources lumineuses, l’abaissement des hauteurs de feux, le rabattement des flux lumineux vers le sol limitent les déperditions et diminuent les puissances installées.

Le recours aux nouvelles technologies permettrait de gérer plus finement l’éclairage public. Ainsi, les systèmes de variation de puissance adaptent la consommation aux besoins réels. L’alimentation des points lumineux par des énergies renouvelables se développe également. Certains candélabres combinent une double éolienne et des panneaux photovoltaïques, d’autres accumulent de l’énergie le jour et se déclenchent la nuit, grâce à des détecteurs de présence.

La lanterne n’est pas la seule source de consommation énergétique à améliorer : le mât d’éclairage, s’il est en bois, est moins impactant qu’un mât traditionnel métallique. Les mâts en bois auraient une empreinte environnementale beaucoup moins forte que les mâts traditionnels.

Des systèmes d’allumage s’adaptent aux heures de lever et de coucher du soleil, et permettent une réduction de la durée d’éclairage (21.500 heures par an en moins sur l’ensemble de la ville). Ils évitent l’émission de 44 tonnes de CO2.

Les modules de gradation réduisent l’éclairage – et donc la consommation des lampes – en fonction du trafic routier. Cette réduction de l’éclairage n’est pas visible pour les habitants. Elle représente pourtant 50% des économies d’énergie réalisées sur la commune.

Les ballasts électroniques permettent de réguler la tension et de réduire la consommation. La durée de vie des lampes augmente de 6 à 12 mois, et les interventions de maintenance sont moins nombreuses. Ce système représente 10% des économies d’énergie réalisées.

Des communes innovent :

A Marmande (17 000 habitants) : « L’enjeu n’est pas de basculer dans le noir complet à tout prix, prévient Anne-Marie Ducroux. Il s’agit plutôt de s’interroger sur la pertinence d’éclairer certains endroits. Un éclairage partiel peut être la solution, soit géographique, soit temporel. Et il ne demande aucun investissement financier. »

D’autres communes ont opté pour des dispositifs plus sophistiqués. A Lyon, par exemple, certains quartiers ont développé l’éclairage à distance et installé des détecteurs de présence. D’autres villes, comme Préfailles (Loire-Atlantique), testent plusieurs systèmes d’éclairage à la carte, comme l’extinction de deux candélabres sur trois dans certains îlots d’habitation ou un système d’éclairage des luminaires en moins de trois secondes sur simple appel d’un numéro gratuit.

A St jean de Boiseau, depuis début mai, l’éclairage public est coupé dans les rues de la commune entre minuit et demi et 5 h 30 chaque nuit.

L’exemple de PREFAILLES :

Lors d’une première enquête menée en 2012, 80% des Préfaillais interrogés étaient favorables à un changement dans la gestion de l’éclairage public dont 68% se déclarant pour une solution alternative. La municipalité a donc naturellement décidé de tester plusieurs modes d’éclairage en lien avec la population.

Le principe général de l’expérimentation est d’équiper différentes zones de Préfailles de cinq modalités d’éclairage choisies en fonction des habitudes résidentielles de la population, des capacités des lampadaires et du réseau existant. Ces modalités seront évaluées pendant un an, avec l’aide de la population.
Cette opération, nécessitant 50 000€ de financement, est rendue possible grâce aux économies d’énergie déjà réalisées depuis 2 ans, et grâce au soutien financier de l’Agence De l’environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME).

La mise en œuvre de ce dispositif permet de répondre à plusieurs enjeux de Développement Durable actuels: respect de la biodiversité et de la santé de l’homme, implication des citoyens dans les démarches publiques et économies d’énergie et de ressources.

Cette expérimentation est originale à plusieurs titres :

– elle permet de tester plusieurs technologies nouvelles (éclairage à la demande par téléphone (une première en France), éclairage par détection de présence, éclairage en alternance, éclairage avec baisse d’intensité lumineuse).

– elle tient compte des habitudes résidentielles de Préfailles (résidences principales, lotissements, résidences de vacances uniquement occupées l’été…)

– elle tient compte des expérimentations précédentes et des recommandations des chercheurs de la faculté de sociologie de Nantes.

Nantes métropole modernise son éclairage public sans se poser la question de son utilité et de son empreinte environnementale ! Certes, en installant du matériel plus performant, on va réduire nos consommations énergétiques mais il faudrait, à la fois, explorer des solutions innovantes d’éclairage et consulter la population sur les choix à faire.

Il faut consulter les CCQ !

Les élu-es du groupe ESHA-EELV propose que les conseils consultatifs de quartier débattent de ce sujet et fassent des propositions :

–          faut-il éclairer les grands axes de circulation ?

–          faut-il diminuer la puissance de l’éclairage de certains axes ?

–          faut-il limiter l’éclairage à certains moments de la nuit (début et fin de nuit)

–          quelles sont les zones à éclairer en priorité et sur quelle durée ?

–          en quoi l’éclairage public contribue à la sécurité des personnes ?

–          …

Comme à Préfailles,

expérimentons, avec l’implication des habitants !