La réforme des rythmes éducatifs en questions

La réforme des rythmes éducatifs en questions

Pourquoi faire une réforme des rythmes éducatifs ?

Pour favoriser la réussite éducative de tous les enfants.

En effet, le constat est partagé par tous : les rythmes auxquels sont soumis aujourd’hui les enfants dans notre pays sont inadaptés. De fait, l’école primaire française compte aujourd’hui 144 jours de classe par an contre près de190 en moyenne dans les autres pays de l’OCDE. Rappelons qu’avant la suppression de la neuvième demi-journée de classe il y a quatre ans par Nicolas Sarkozy, les élèves bénéficiaient de 180 jours de classes pour assurer des programmes qui n’ont pas été allégés.

Ainsi, la journée scolaire des petits Français est la plus longue d’Europe sur un nombre de jours travaillés dans l’année le plus faible. De fait, la charge de travail quotidienne qu’ils supportent est une des plus élevées du monde : ces rythmes imposés aux enfants nuisent à la qualité de leurs apprentissages et à leur bien-être.

La Concertation Nationale, inédite, pour la Refondation de l’Ecole de la République qui s’est déroulée de juillet à octobre dernier et a mobilisé de très nombreux acteurs de l’Education (enseignants, pédagogues, élus, chrono-biologistes, médecins, associations de parents, etc.), s’est également emparée de ce sujet et a préconisé d’alléger les journées et d’étaler le temps scolaire sur la semaine comme sur l’année.

En quoi consiste la réforme portée par le gouvernement ?

Le projet ministériel prévoit de revenir à une semaine de 9 demi-journées d’école pour les enfants. Ainsi, chaque journée scolaire actuelle est allégée de ¾h. Sur les 4 jours d’école que nous connaissons aujourd’hui (lundi, mardi, jeudi et vendredi), trois heures par semaine sont ainsi dégagées. Celles-ci sont regroupées sur le mercredi matin, où les écoles vont accueillir les enfants.

Ces 3/4h d’allègements journaliers permettront de développer et de renforcer des activités proposées par la commune, déjà en charge des temps méridiens, péri et extra scolaires (cantine, après la classe, centre de loisirs les mercredis et pendant les vacances).

Pourquoi parler de rythmes éducatifs et non de rythmes scolaires ?

Les temps d’apprentissage des enfants sont multiples, que l’on pense au rôle de l’école, des collectivités, ou des familles en la matière. Les temps éducatifs des enfants ne se limitent donc pas à leur seule présence en classe. Il faut donc envisager l’ensemble des rythmes éducatifs dans leur globalité et penser la journée de l’enfant en cohérence. Il doit, en effet, exister des ponts entre ce que l’enfant apprend avec son enseignant, et ce qu’il fait au centre de loisirs ou le soir après l’école, entre ce qu’il fait en classe et les activités artistiques, sportives et de loisirs auxquelles il a accès. C’est aussi un levier pour permettre la réussite éducative de tous, et c’est d’ailleurs l’esprit des projets éducatifs locaux qui ont fait leurs preuves. Il y a également un temps charnière qui ne doit pas être oublié : celui de la pause méridienne qui doit aussi être un temps éducatif.

En quoi diminuer la journée de 3/4h constitue une refondation ?

La journée des enfants est aujourd’hui bien trop lourde. Elle ne correspond pas à leurs capacités d’apprentissage comme l’ont démontré les études des chronobiologistes en la matière. En l’allégeant de près d’une heure chaque jour, sur une journée qui en fait aujourd’hui six, on contribue fortement à revenir à des rythmes plus équilibrés pour les enfants.

Les enfants ne peuvent suivre 6 heures d’apprentissages scolaires (mathématiques, français, etc.) chaque jour dans de bonnes conditions. Par contre, au-delà du temps scolaire, il est tout à fait possible de leur proposer, des activités ludiques, créatives, sportives ou artistiques. L’objectif est donc bien de proposer des temps d’accueil distincts de la classe, pour ne pas sur-solliciter les enfants tout en leur permettant de s’épanouir dans d’autres types d’activités.

Que préconisent les études sur les rythmes des enfants ?

Comme l’a montré le rapport de l’Académie de Médecine paru en 2010, les capacités d’attention et d’apprentissage des enfants progressent au cours de la matinée et diminuent fortement en début d’après-midi. Si elles se renforcent à nouveau autour de 15h, le temps de l’après repas est parmi les moins propices aux apprentissages scolaires fondamentaux.

Dès lors, le temps du midi semble, du point de vue des enfants, constituer un moment sur lequel pourrait être développé des activités éducatives.

Cet allongement de la pause méridienne permettrait d’offrir à chaque enfant un temps de restauration plus agréable car plus long, des moments de respiration et des activités de qualité, tout en favorisant un meilleur retour aux apprentissages pour l’après-midi scolaire.

Le temps de service des enseignants est-il modifié ?

Avec la réforme des rythmes, celui-ci reste inchangé. Le temps de service de 24h par semaine devant élèves est identique. Ce n’est que sa répartition sur la semaine qui est modifiée. Les temps de travail complémentaires des enseignants (préparation, etc.) seront répartis différemment. En allégeant les journées scolaires, les plages horaires libérées pourraient par exemple faciliter les temps de travail collectif que les enseignants assuraient déjà bien souvent après la classe.

Par ailleurs, en desserrant les journées et en accompagnant davantage les élèves, c’est aussi un fonctionnement apaisé qui leur est proposé. Enfin, le projet éducatif porté par la collectivité aura vocation à se penser en cohérence avec les actions engagées par les enseignants.

Quel impact sur les conditions de travail des personnels municipaux ?

Cette réforme va également modifier les rythmes d’intervention des personnels municipaux puisque les agents spécialisés des écoles maternelles (ATSEM) et les agents techniques des écoles devront désormais travailler le mercredi matin et, avec les animateurs, intervenir sur des temps plus importants.

Comment feront les familles qui travaillent si leurs enfants sortent du cadre scolaire plus tôt ?

La ville continuera à offrir un accueil périscolaire (le matin et le soir) pour toutes les familles dans l’impossibilité de venir chercher leurs enfants après le temps scolaire.

Le mercredi était une coupure salutaire pour les enfants et les familles, permettant du temps collectif ou dédié aux activités annexes (activités ludiques, soin, etc.). Comment feront-elles ?

La matinée supplémentaire entièrement non travaillée n’existait pas en 2008. Pour autant, les enfants pouvaient déjà bénéficier de temps en famille, entre amis, dédiés à des activités ludiques ou à des obligations diverses (soins, etc.). Cette nouvelle organisation de la semaine nécessitera bien sûr des adaptations pour les familles, mais il ne s’agit que de revenir à la semaine de 9 demi-journées qui existait il y a 4 ans.

La récupération de ce temps scolaire comme la création de 3h éducatives supplémentaires permet de favoriser les apprentissages et la réussite éducative de tous.

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