Conseil Municipal du 16/12/2013 – Intervention sur le Débat d’orientation budgétaire

Intervention de Pierre Tréguier

Bertrand Affilé l’a rappelé, c’est malheureusement une fois de plus dans un contexte budgétaire national dégradé que nous abordons ce DOB.

L’économie et l’emploi en France vont mal, le budget de l’Etat se dégrade d’année en année. Le tout dans un contexte Européen particulièrement tendu, notamment en Italie, en Grèce et en Espagne, fragilisant ainsi l’avenir de l’euro. La zone euro compte 19 millions de chômeurs, soit huit millions de plus qu’en 2008 ; l’endettement public est passé en cinq ans de 66 % à 93 % du PIB.

Conséquence : c’est un véritable tonneau des Danaïdes que le gouvernement actuel doit aujourd’hui tenter de remplir, avec des rentrées fiscales moins importantes qu’initialement prévues au budget,  c’est dire si la tâche est rude, entraînant la cohorte de mécontentements que l’on connaît. Et ce n’est pas fini, car pour stabiliser la dette, le déficit public devrait se limiter à 2,6 % du PIB  alors qu’il est actuellement de 4,1 %, ce qui représente un effort budgétaire de plus de 32 milliards d’euros, ce qui est colossal. Les collectivités sont directement victimes de cette politique et voient les dotations qui leur sont allouées par l’Etat fortement diminuer.

Cette situation est le résultat d’un système économique à bout de souffle, que ne cessent de dénoncer les écologistes, pour proposer une transformation écologique de l’économie.

Tout cela, mes chers collègues, est particulièrement morose, je vous l’accorde. Devons-nous pour autant sombrer dans la même sinistrose, au niveau de notre collectivité ?

Non, même si pour certains de nos concitoyens la situation n’est pas facile tous les jours, nous pouvons nous appuyer sur des indicateurs communaux plus positifs :

  • Nous avons très fortement  réduit notre endettement tout au long de ce mandat par le biais d’un autofinancement de bon niveau ;
  • Nous avons ainsi conservé une forte capacité d’investissement et d’endettement, cela s’est concrétisé sur l’année 2013, mais va également se poursuivre sur l’année 2014 ;
  • Cette situation a été le fruit de l’effort fiscal demandé aux herblinoises et herblinois, au début du mandat, qui a permis de faire rentrer des recettes  significatives ;
  • Nous avons assuré une pression fiscale mesurée sur les dernières années du mandat, pour globalement, durant cette mandature respecter la promesse que nos impôts n’évolueraient pas plus que l’inflation ;
  • Nous avons, par les nouvelles réalisations, permis d’offrir de nouveaux services aux habitants actuels et futurs : Maisons des Arts,  les  Crèches, l’agrandissement de l’Hôtel de Ville, l’aménagement d’espaces publics, PRU Bellevue et Sillon, et par  les programmes en chantier : Carré des Services, écoles de la Pelousière et de Bagatelle, Equipement sportif de l’Angevinière, etc.

Pour conserver cet équilibre de manière significative il nous faudra redoubler de prudence sur les prochains budgets, y compris bien évidemment sur le budget 2014 :

  • Les dotations de l’Etat iront en diminuant ;
  • Les rentrées fiscales, plus locales, liées au marché immobilier en retrait, seront moindres ;
  • Face à notre masse importante d’investissement, (35 M€) sur 2014 et près de 50 M€ sur la période 2014-2015,  nous aurons à  emprunter sur la base de taux très probablement revus à la hausse ;
  • Nous aurons à engager un programme d’entretien et de rénovation de nos bâtiments où beaucoup reste à faire, notamment dans un contexte de transition énergétique de plus en plus nécessaire, au vu de l’augmentation des coûts de l’énergie et des enjeux du changement climatique.

Ceci dit nous conservons un bon potentiel de rentrées grâce à une augmentation sensible de la population, mais aussi parce que nous disposons d’un foncier économique dynamique et important. La fiscalité directe représente 45 % de nos recettes (32 M€).Nous reconduisons des taux identiques pour 2014, donc  stabilisation des prélèvements fiscaux, hormis la revalorisation des bases.

Un plan d’investissement comporte des aléas : des appels d’offres parfois infructueux, des conditions climatiques parfois difficiles, des entreprises quelquefois défaillantes. Comme  dans tout chantier d’envergure, des surprises ou des difficultés complémentaires peuvent entraîner des retards d’exécution.

Vous le voyez, mes chers collègues, ce budget 2014 est un budget sérieux et solidaire,  dans le respect du sigle de notre équipe majoritaire : innover, protéger, participer.