Déchets : sensibilisons et améliorons le compostage

On ne peut que se féliciter de la baisse du tonnage global des déchets (16kg en moins sur un total de 522 kg par habitant). Les raisons en sont multiples : d’une part, l’augmentation du compostage, comportements éco-citoyens en matière d’achats et d’autre part, les effets de la crise en matière de consommation…

Un seul regret : la part venant du tri ne progresse pas.

Sur quels leviers peser pour, et diminuer le tonnage global, et améliorer le tri ?

Tout d’abord, il faut réduire la part des emballages et pour ce faire, une négociation avec la grande distribution doit être engagée pour en diminuer l’impact. Le plan climat de Nantes-Métropole doit fixer des objectifs ambitieux de diminution des déchets à la source, par une action auprès des entreprises, menée de concert avec la Chambre de Commerce et d’Industrie.

Ensuite, on a délaissé quelque peu l’aspect éducation des comportements (ex tri-max). Les comportements éco-citoyens s’acquièrent dès l’école : il nous faut avoir des démarches volontaristes sur le tri, le compostage mais aussi pour faire baisser les consommations énergétiques, conformément à notre Agenda 21.

Le remplacement des containers par des colonnes enterrées peut participer à modifier les comportements et au respect de l’environnement. Mais ils ne doivent pas être à la charge des locataires.

Sortons du dire et passons au faire !

Une part de nos déchets peut être facilement éliminée par le compostage. Il est facilement mis en œuvre dans l’habitat individuel mais reste complexe dans l’habitat collectif. Appuyons-nous sur les expériences citoyennes pour généraliser le compostage collectif et assurons-nous que dans tous les projets immobiliers, il soit facilité !

Les services de la ville doivent aussi être exemplaires dans ce domaine, il reste des progrès substantiels à faire. Là encore, notre Agenda 21 nous y incite.

Nous souhaitons revenir sur la nouvelle organisation de la collecte des déchets. Nous ne pouvons qu’être favorables à une organisation qui diminue les passages des bennes et donc les émissions de gaz à effet de serre et qui est possible par un meilleur tri des habitants. Les économies réalisées doivent servir à la rénovation des déchetteries, nous y serons vigilants. Les CCQ devront y être associés.

Sur une baisse attendue des impôts, ne versons pas dans le populisme ! Nous savons tous que nous ne pouvons plus déverser dans la nature nos déchets, que le traitement de ces déchets a un coût et que la valorisation de ces déchets devient indispensable sur une planète dont les ressources ne sont pas illimitées. La seule solution est d’agir à la source et d’en produire le minimum.

Un dernier mot sur l’incinération des déchets, dénommée pudiquement valorisation énergétique, le centre de traitement d’Arc en ciel va recevoir, par barges, les déchets de la région nazairienne. Là encore, on ne respecte pas le plan départemental d’élimination des déchets ménagers qui demande de « faire traiter les déchets produits sur un territoire par ce même territoire ». Il nous faut sortir de cette logique infernale où l’incinération est la seule solution. (Sans doute liée à l’aspect purificateur du feu…)

Par ailleurs, la gestion du site de Tougas nous inquiète. En 2008, la progression des dépenses de 60 % était exceptionnelle du fait de travaux de reprise de l’étanchéité. Mais les dépenses de 2009 sont du même niveau. Et le volume des lixiviats pompés est presque multiplié par 4. Le site est-il bien étanche ?

L’eau :

La consommation d’eau moyenne est passée en 4 ans de 139 à 125 litres par jour et par habitant. Nous pouvons probablement voir ici une prise de conscience des habitants sur la nécessité de mieux « respecter » l’eau ou tout au moins d’être plus attentif à sa propre consommation.

Bien que notre réseau soit l’un des plus performants des grandes métropoles, il reste environ 15 % de fuites sur l’ensemble du réseau. On ne peut donc qu’encourager les actions pour diminuer ce volume de pertes. Pour marquer les esprits : ce sont tout de même près de 8 m3 qui sont perdus par jour et par km de réseau.

Enfin, concernant l’assainissement : il nous reste toujours à améliorer notre réseau et à effacer les réseaux non séparés. Notre commune possède 157 km de réseau d’eau usée, 108 km d’eaux pluviales et environ 18 km de réseau unitaire, réseau où sont mélangées sans distinction les eaux usées et eaux pluviales, avec les coûts induits de traitement que cela comporte.

Quelles actions en terme d’investissement, à court terme et moyen terme, sont-elles envisagées afin que le réseau unitaire de Saint Herblain voit son linéaire se réduire dans les prochaines années ?

De plus, l’installation de déshuileurs sur la collecte des eaux de ruissellement de voiries devrait être systématisée.

Christine NOBLET

Mots-clés :