Nouveau statut de Nantes Métropole

Conseil communautaire du 15 décembre 2014

Intervention de Marc DENIS (groupe Écologistes et citoyens) à l’occasion du Dossier 1 : Un nouveau pacte métropolitain pour une nouvelle ambition communautaire.

 

Ce passage du statut de communauté urbaine à celui de Métropole marque une étape importante dans l’histoire de notre collectivité. Il marque un tournant dans une histoire que nous avons voulue et construite collectivement, et ce, dès 2001. Depuis 13 ans maintenant, les élus écologistes soutiennent cette volonté de dépassement des frontières administratives qui délimitent nos 24 communes. Nos objectifs n’ont d’ailleurs pas changé : notre volonté est bien de permettre plus de solidarités entre les habitants, et plus de cohérence dans le développement des territoires par une juste répartition des moyens.

 

Bien sûr, des progrès sont encore à réaliser ! Néanmoins, c’est bien la solidarité communautaire qui nous permet aujourd’hui, sur le terrain, de bénéficier d’un développement intercommunal plus équilibré. Cette solidarité nous a permis d’investir plus équitablement dans l’habitat social, dans les transports collectifs, dans l’assainissement ou bien encore dans l’accueil des populations migrantes.

 

Les nouvelles compétences et les nouveaux équipements sur lesquels nous nous prononçons aujourd’hui s’inscrivent dans cette logique. Le renforcement de l’ambition métropolitaine se rapprochera encore davantage du vécu des habitants de nos 24 communes et cela participera à renforcer notre identité collective en traduisant dans le même temps une réalité territoriale.

 

Que ce soient le château des Ducs de Bretagne, le vélodrome de Couëron ou encore le stade de la Beaujoire, force est de constater que leur rayonnement dépasse largement les limites communales. Il est donc plus logique et plus équitable qu’aussi bien les charges que les recettes générées par ces équipements soient liées à la métropole et non pas seulement à la commune sur le territoire de laquelle ils se situent. D’ailleurs, du strict point de vue de l’investissement financier, il est évident que la mutualisation devient de plus en plus indispensable, dès lors qu’il s’agit de construire des équipements sportifs importants.

 

Parmi les nouvelles compétences que nous transférons à la métropole, se trouve le sport de haut niveau. Nous avons aujourd’hui de nombreux clubs de sports collectifs qui évoluent au sein des élites nationales de leurs disciplines. Nos équipes féminines et masculines ont hissé la métropole nantaise dans le palmarès des collectivités qui ont un rôle éminent à jouer dans le paysage sportif national de haut niveau. Ce sont autant de succès qui, par leur force d’émulation et d’exemple, participent au développement des pratiques sportives dans la population ainsi qu’au rayonnement de notre territoire. Des équipements tels que le Palais des sports de Beaulieu ou le stade de la Beaujoire attirent un public bien au-delà des frontières de notre agglomération et leur mutualisation trouve, ici, toute sa pertinence.

 

Conscients de cette impulsion qu’apporte le sport de haut niveau et comptables des moyens que la Métropole lui consacre, les élus écologistes et citoyens souhaitent, dans le même temps, qu’une attention toute particulière et équitable soit accordée aux pratiques sportives amateurs ainsi qu’aux associations qui s’y dévouent sur le terrain. Nous estimons que la solidarité communautaire a aussi une carte à jouer dans l’offre sportive au plus près des habitants. Il s’agit pour nous d’un équilibre à trouver entre compétition de haut niveau et activité sportive de proximité, avec des équipements accessibles, permettant des pratiques diverses, et notamment des pratiques de loisirs ou liées au bien-être.

 

Concernant les crèches d’entreprises intercommunales : leur transfert représente un signe fort en direction des familles de notre métropole, car il nous permettra de faciliter le développement de nouvelles possibilités d’accueil du jeune enfant. C’est un signe, également, en direction des acteurs économiques de notre territoire, en leur donnant un cadre qui leur permettra d’agir plus facilement et de façon concrète en faveur de la conciliation des temps, au bénéfice de leur salariés, pour mieux articuler vie familiale et vie professionnelle. C’est ainsi, en agissant sur le cadre de vie de nos concitoyens, en leur permettant de disposer de services qui leur facilitent la vie, que nous participons à rendre notre territoire encore plus attractif.

 

Par ailleurs, nous serons vigilants, dans la mise en œuvre de cette nouvelle compétence, à ce que soit prise en compte la spécificité de chaque commune en matière d’accueil du jeune enfant. Il nous faudra donc définir, en concertation avec l’ensemble des élus en charge de la petite enfance dans les communes concernées, les modalités précises d’application de cette nouvelle compétence.

 

Dans le même esprit, il nous faudra redoubler d’efforts pour clarifier, auprès de nos concitoyens, le rôle de leur métropole dans les compétences qui impactent directement leur quotidien. C’est dans une démarche de transparence et d’évaluation partagée que nous pourrons nous appuyer sur la concertation avec les habitants pour leur permettre de participer à l’élaboration des politiques publiques, et ce, dès le début des processus de prise de décision.

 

Enfin, nous sommes convaincus que la réussite de cette nouvelle étape dans la construction de notre métropole ne pourra se faire que dans l’association pleine et entière des habitants ainsi que par une véritable légitimité démocratique de cette assemblée. A plusieurs reprises, nous nous sommes exprimés ici pour affirmer notre attachement à une élection au suffrage universel direct des conseillers communautaires. Mme la présidente, nous nous félicitons de vos déclarations dans lesquelles vous indiquez vouloir aller dans ce sens dès 2020. Nous savons qu’un simple fléchage des conseillers municipaux ne suffira pas, ne suffira plus, à redonner un nouveau souffle démocratique à l’élan métropolitain que nous appelons de nos vœux.