NDDL : «Nous posons quatre conditions à un référendum»

Le Président de la République annonce la tenue d’un référendum sur le projet NDDL, dont le résultat lierait le Gouvernement avant octobre prochain. François Hollande dispose de tous les éléments pour décider l’abandon du projet, mais annonce la tenue d’un référendum. S’il devait se tenir, quatre conditions sont nécessaires pour permettre de trancher sincèrement sur l’avenir du projet.

Le respect des procédures de justice. Pour la première fois depuis avril 2014, François Hollande réaffirme que tous les recours ne sont pas épuisés. Si la justice française ou européenne venaient à trancher contre les autorisations « loi sur l’eau » et « espèces protégées », actuellement en appel, le référendum sera caduque et l’abandon du projet inéluctable. L’engagement présidentiel de suspendre travaux et expulsions jusqu’à épuisement des recours doit être maintenu.

Une mise à plat des informations et la mise en débat d’alternatives. Il a été dit tout et n’importe quoi sur ce projet. Beaucoup de données demeurent à ce jour inaccessibles. Cette semaine encore le Cedpa a montré que certains chiffres utilisés pour justifier le projet étaient grossièrement erronés. Le referendum doit mettre à disposition des données claires, lisibles et consensuelles. De plus, se limiter à mettre en débat le projet de nouvel aéroport, sans alternative, serait une mascarade. L’optimisation de Nantes-Atlantique et la mise en réseau des aéroports du grand ouest doivent être également mises en débat, avec comparaison des coûts de chaque projet et du niveau de service global. Le travail lancé par la ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, doit aller à son terme avant tout lancement de référendum.

Un périmètre Bretagne – Pays de la Loire. Le Président affirme que ce nouvel aéroport aurait un impact sur le Grand Ouest. C’est donc à cette échelle que le référendum doit être posé. Une telle infrastructure impacterait l’aménagement du territoire de l’ensemble du Grand Ouest, et les régions Bretagne et des Pays de la Loire contribuent à son financement. Les habitants des deux régions doivent être consultés.

Un vrai débat public. Compte tenu de la complexité du dossier, les conditions d’un vrai débat public, permettant à chacun de se former un avis clair, doivent être garanties. Il est impératif que les moyens des collectivités territoriales ne soient pas utilisés pour faire campagne pour ou contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Cela tronquerait le débat et serait inacceptable.

Sans respect de ces conditions, le référendum n’aura aucune légitimité, ne permettra pas un déblocage de la situation et enlisera le dossier. Le projet doit être abandonné. Nous sommes convaincus qu’un débat public, levant opacité et mensonges, permettra de faire valoir la pertinence de nos arguments.

Europe Écologie Les Verts Pays de la Loire, ses parlementaires et l’ensemble des élu-e-s écologistes et citoyens

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