Retour sur « Les dessus et les dessous de la COP 21 » avec Ronan Dantec

Diner-débat organisé par l’ATEE Ouest le 3 mars 2016.

Pour Ronan Dantec, le bilan global de la COP est un succès. Il n’était pas question de refaire un Copenhague, ni que les générations futures n’aient pas d’avenir…
Suffisamment d’éléments le prouvent :
• Il y a eu des contributions volontaires de la quasi-totalité des États. Penser qu’un accord pouvait être contraignant n’était pas imaginable. Pour lui, la question du climat n’a de réponse que dans la contribution volontaire des pays.
• Il y a un mécanisme de réévaluation assez rapide : les États doivent se revoir en 2018. Il n’y a pas besoin de rediscuter le cadre avant des décennies.
• Paris ne se contente pas de s’adosser à ces contributions mais engendre une dynamique d’acteurs. Beaucoup d’entreprises et de collectivités se sont engagées. Au total, 70 initiatives ont été présentées.

Chaque pays doit atteindre l’objectif de – 40 % d’émissions de GES (gaz à effet de serre) pour 2030 mais cela se joue aussi au niveau local, toute intercommunalité est aussi censée atteindre ces – 40 %.
Nantes Métropole a fait le choix de se doter d’un Plan Climat Énergie Territorial ambitieux. Il est étalonné pour tenir -50 % d’ici 2030. C’est un contrat signé entre les citoyens et le territoire mais, pour lui, ce n’est pas aux citoyens de trouver les solutions et de tout inventer. Le premier enjeu, c’est la mise en cohérence de l’action publique. C’est elle qui est à l’œuvre.

Une fois le bilan présenté, Ronan Dantec a livré d’autres axes à développer :

L’intégration de la question agricole et l’alimentation.
Elles ne pourront pas rester en dehors de la question climatique. C’est un des points où la vision globale est la moins aboutie. La gouvernance alimentaire des territoires est assez nouvelle. Elle aura un impact sur la part industrielle de l’agriculture. Aujourd’hui, on peut encore voir des productions venues d’ailleurs ayant un bilan carbone meilleur que des productions locales.

Le développement de la coopération entre les territoires.
La question du climat doit rapprocher les territoires. La coopération entre des villes comme Nantes, Angers, Rennes, Brest doit être plus forte. Des stratégies climat doivent être créées pour permettre d’atteindre les objectifs attendus.

La prise en compte du transport maritime et aérien.
Il y a une vraie question sur le transport aérien (qui n’apparait pas dans la COP tout comme le transport maritime). La réduction des émissions passe évidemment par la diminution du volume de transport aérien.

Ronan Dantec a également présenté le sommet mondial Climate Chance qui aura lieu à Nantes en 2016.
Climate Chance, c’est continuer de faire vivre une dynamique y compris entre des acteurs (non étatiques) qui ont plutôt l’habitude de s’affronter.
Il a 3 niveaux de réflexion :
• Les actualités de l’année (Accès à l’énergie de l’Afrique, Ville européenne durable, Habitat III…)
• Après les dynamiques de Lyon et de Paris, Nantes constitue un point d’étape pour une vingtaine de coalitions mondiales (transports, habitat durable, coopération décentralisée, énergies marines…)
• Les ateliers Climate Chance qui résulteront de l’appel à contribution (ouvert jusqu’au 7 avril).

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