Projet d’Aménagement et de Développement Durable

Conseil municipal du vendredi 1er avril 2016.
Projet d’Aménagement et de Développement Durable.
Intervention de Laurent Noblet pour les élu-es EELV-ESHA de Saint-Herblain.

Chers collègues,

Ce débat en Conseil Municipal est l’occasion d’échanger au niveau de notre commune, à un moment important de l’élaboration du futur PLUM : en effet, nous sommes à une étape essentielle, la validation des grandes orientations stratégiques pour les 15 ans à venir. Le conseil métropolitain se prononcera en juin, suite au long travail de construction lancé depuis plus d’un an, de réunions publiques, de contribution des communes et de discussions au sein des 24 conseils municipaux.

Pour notre groupe, nous soulignons 3 points essentiels à nos yeux : la concertation, les enjeux, les actions prioritaires.

1) La Concertation = c’est une évidence, mais le document PADD est bien le fruit de nombreux échanges à différents niveaux :
– Celui des habitants et citoyens de la métropole qui sont au centre des politiques publiques…se loger, travailler, se déplacer, en respectant l’environnement d’aujourd’hui et de demain…le PADD est pour tous, et notamment les personnes les plus fragiles. Les habitants ont eu une place importante tant au niveau du constat que des propositions pour demain.
– La place des élus municipaux qui se sont emparés du sujet par le biais du SAD (schéma d’Aménagement Durable herblinois), pour décliner les enjeux à l’échelle communale.
– Les services de la ville, porteurs d’une expertise professionnelle, pour accompagner les orientations politiques et faire en sorte qu’orientations se déclinent en propositions opérationnelles.
– La métropole qui a la compétence de donner de la cohérence à l’échelle de l’agglomération et du bassin de vie.
– Cette concertation permet de ressortir à grands traits des attentes et des aspirations communes =
° L’attachement aux services et lieux de proximité, à l’échelle du quartier
° L’attachement aux espaces verts, à préserver et valoriser
° L’évidence de construire de nouveaux logements, tout en étant raisonnable en densité et en hauteur
° Le souhait que tous trouvent une solution dans l’agglomération, de logements adaptés à leurs aspirations et capacités financières, sans aller à 30 ou 40 km à l’extérieur.
° Le souhait d’une circulation apaisée, et de solutions à trouver face à un stationnement des voitures reléguant le piéton sur la chaussée !

2) Ce constat partagé, cela amène à des enjeux forts :
– Le croisement des politiques publiques nous convient : mener de concert l’élaboration du PLUM, en croisant en même temps les questions de logement (PLH), de déplacement, (PDU), d’environnement (PCAET) est primordial. Sans doute manque-t-il dans la déclinaison des plans, celui concernant l’économique et l’emploi qu’on pourrait appeler « Plan Développement Economique et Emplois » (PDEE)… qui permettrait de tenir des équilibres qualitatifs et géographiques pour l’ensemble de l’agglomération : l’objectif de 60 000 nouveaux emplois est inscrit.
– Le PADD met au centre l’habitant dans son environnement, en évoquant en premier la trame verte et bleue, avec l’objectif de sobriété porté à la COP 21 : la réduction du réchauffement climatique à moins de 2 degrés et l’action centrale de la réduction des gaz à effet de serre. Cet objectif primordial doit à la fois garder l’idée d’une agglomération qui répond à l’ensemble des besoins de ses habitants, et à la fois respecter la planète aujourd’hui et pour les générations de demain.

3) Cela se traduit par des objectifs et actions essentielles :
– Développer l’emploi pour tous, en tenant compte à la fois des activités manuelles et des métiers liés à la recherche et à l’innovation.
– Agir sur tout ce qui concourt à la réduction des gaz à effet de serre = renforcer les centralités, mutualiser les équipements, agir pour dépenser moins d’énergie dans les bâtiments et les transports, en faisant appel aux énergies renouvelables, à savoir, l’air, l’eau, le soleil, le bois…
– Notion essentielle que nous devons décliner dans la règle du PLUM = la mixité fonctionnelle, en fléchant des territoires où activités, habitat, équipements cohabitent, ce qui amène à rendre moins étanches certaines zones du PLU actuel, et ainsi améliorer la vie au quotidien.

Vous avez compris, les grandes orientations de ce PADD nous ressemblent et nous y avons pris notre part.

Il reste 2 points qui retiennent notre attention :

– Sur la question des déplacements, le PDU actuel met au centre le piéton et le cycliste…dans le PADD, nous ne retrouvons pas cette posture de prioriser ces modes de mobilités, et nous ne voyons pas comme prioritaire une action forte et peu coûteuse de passer rapidement à une agglo urbanisée en zone apaisée (20 ou 30 km /h)

– Sur la question du « projet de transfert de l’aéroport », celui-ci est cité à plusieurs reprises, sans tenir compte du contexte qui a évolué depuis 40 ans…à tel point qu’aujourd’hui, le président de la république a décidé d’en faire un référendum et de se ranger derrière le résultat qui en découlera ! Le PADD devrait évoquer les 2 hypothèses : qu’il se fasse ou qu’il ne se fasse pas… ce qui n’est pas le cas ! Plusieurs raisons plaident pour conforter Nantes Atlantique : le coût, la question environnementale, la capacité à absorber le nombre de passagers et de voitures stockées. Les avis sont partagés, cf ceux de la Ministre de l’Environnement, de l’ex conseiller au Président pour la COP 21… Rien que sur les surfaces nécessaires, Airbus conserverait les pistes de Nantes Atlantique pour son activité, ce qui équivaut à 2 surfaces d’aéroport. Nous ne sommes pas contre le progrès, ni l’emploi, au contraire : les énergies, mains d’œuvre et finances peuvent être employées sur d’autres projets au service de l’agglomération et du territoire : par exemple, la rénovation du périphérique, notamment la porte d’Armor ; des infrastructures qui relient les quartiers et centralités, par exemple le franchissement de la route de La Baule à hauteur du Zénith, la liaison Chabossière Saint-Herblain…; des travaux de réhabilitation énergétique des logements des années d’après-guerre, des équipements d’accueil pour les 70 000 nouveaux habitants (écoles, crèches, équipements publics…). Etc…

Le PADD est un bon outil, avec des orientations qui ont du sens : à nous tous de continuer à co-construire ses déclinaisons qui permettront d’adapter l’agglomération aux enjeux de transition énergétiques et écologiques, et d’en traduire des règles d’urbanisme qui permettent d’être au rendez-vous ambitieux que la COP 21 nous impose.

Merci pour votre attention.

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