Aménagement du périphérique nantais

Conseil métropolitain du 28 juin 2016.
Intervention de Marc Denis.

« C’est un dossier important que vient de nous présenter Bertrand Affilé, car il concerne une infrastructure très utilisée au quotidien par de nombreux habitants de l’agglomération.

Nous approuvons le principe de la démarche qui privilégie l’optimisation de l’existant à la création d’infrastructures routières. Cette démarche propose ici des avancées : réalisation en priorité des franchissements des portes par les modes doux, attention particulière apportée au traitement des niveaux sonores, évolution progressive de la vitesse autorisée à 70 km/h, même si nous pensons qu’il faut aller plus loin avec une réflexion sur une baisse généralisée de la vitesse à 70 km/h comme c’est le cas sur le périphérique parisien depuis deux ans, sur le périphérique rennais depuis plusieurs mois.

Mais, même s’il est important d’améliorer la circulation sur le périphérique, nous devons rester réalistes en la matière. En effet, affirmer, comme le fait le dossier de concertation au sujet de la variante D, qu’avec celle-ci l’amélioration des temps de parcours serait quasi optimale est pour nous illusoire, impensable. Tout le monde sait qu’un équipement routier fluide attire automatiquement de nouveaux usagers, entraînant inévitablement des ralentissements. C’est pour cela que le choix de la variante proposée par Nantes Métropole, appelée ici « variante C améliorée », ne nous satisfait pas. Elle revient en effet à retenir la variante D, de loin la plus coûteuse (213 M € TTC contre 139 M € TTC pour la C) en y excluant la mise hors d’eau du périphérique. De plus, la règle de répartition entre les différentes collectivités n’est pas indiquée.

Enfin, la délibération de Nantes Métropole propose de ne traiter la mise hors d’eau du périphérique qu’une fois toutes les sections courantes et les portes réaménagées, c’est à dire dans la pratique de repousser cette mise hors d’eau à une échéance indéterminée. Cela nous inquiète car on sait que dans le passé le périphérique a été régulièrement inondé, et on voit que le dérèglement climatique entraîne la répétition d’inondations qui ne manqueront pas d’affecter encore plus le fonctionnement de cette portion du périphérique. Bien évidemment, la réalisation du projet d’aéroport à Notre Dame des Landes entraînerait la bétonnisation de zones humides, appelées le « Château d’eau de la Loire-Atlantique », qui aggraverait ces phénomènes d’inondation.

De plus nos futurs investissements, ne doivent pas se cantonner à une simple réponse technique d’amélioration d’une infrastructure, qui part du principe que la hausse du trafic est une fatalité, et qui ne prend pas en compte les usages.

Nous devons mettre en œuvre les autres politiques publiques qui permettront de fluidifier le trafic en agissant sur les comportements. En premier lieu je pense à la réalisation de la ville des courtes distances, qui permet de limiter les déplacements en voiture. Ensuite nous devons mettre en œuvre la conciliation des temps pour optimiser les déplacements, améliorer les plans de déplacements des entreprises et des administrations, avec la mise en place d’un bureau des temps, ainsi que le télétravail. Il s’agit d’optimiser là aussi les infrastructures existantes avant d’en créer de nouvelles. En matière de déplacements, beaucoup reste à faire en terme de logistique (transports par barge, gestion du dernier kilomètre), en terme d’alternatives à la voiture pour les déplacements de périphérie. Je pense à la réalisation d’un tramway de rocade avec la liaison des lignes 1 et 2 de tramway, ou aux axes cyclables intercommunaux en site propre. Enfin le covoiturage est encore à développer.

Nous nous abstiendrons sur cette délibération. »

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