Les déchets : évitement, collecte et valorisation

Conseil municipal du 7 octobre 2016
Communication des rapports annuels 2015 sur la qualité et le prix des services publics de l’eau, de l’assainissement et des déchets.

Intervention de Ghislaine Carrez pour les élu-es EELV, ESHA et UDB.

Mesdames et Messieurs les élu-e-s,

le rapport de Nantes Métropole sur les déchets dont nous venons de prendre connaissance est tout à la fois réjouissant et inquiétant.

Réjouissant car nous pouvons constater que l’administration en charge de la collecte des déchets, en régie ou par la passation de marchés publics, est une bonne gestionnaire.
Le coût d’élimination des déchets à la tonne a baissé de 3% entre 2015 et 2014,
la valorisation des déchets couvre une part plus importante des charges de collecte, Nantes Métropole a su capter davantage de subvention d’organismes coordonnateurs de déchets particuliers tels que les déchets chimiques ou électroniques.

Réjouissant aussi car nous entrevoyons les moyens consacrés à la formation, auprès des particuliers comme des entreprises,
– pour réduire les déchets,
– diminuer significativement le gaspillage alimentaire.
Et nous pouvons y corréler les chiffres de la baisse des tonnes de pain qui étaient transformées en nourriture animale, la hausse de quantité de papier traitée par le centre de Carquefou, ou le tonnage des objets détournés des bennes, tels que les vêtements ou les meubles, qui, remis à des associations ou des entreprises d’insertion, trouvent une deuxième vie.

Mais il est en même temps inquiétant car le tonnage des ordures ménagères collectées en porte-à-porte ne cesse d’augmenter : pendant que la quantité de déchets recyclables diminue. L’effet inverse aurait été préférable.
Le nombre de déchets apportés spontanément augmente lui aussi avec son balai de 300 000 trajets en voiture en plus -quand dans le même temps la collectivité diminue la collecte des encombrants.
Il n’est pas sûr que cela suive une logique écologique : la mutualisation des kilomètres parcourus paraît une piste intéressante à réétudier.
De même que n’est ni écologique ni économique le circuit incroyable que suivent les TriSacs qui vont jusqu’à Mauves avant d’être dispatchés.

Nous élus EELV, ESHA et UDB souhaitons qu’une réflexion complète soit menée autour des déchets, leur évitement, leur collecte, leur valorisation.
Que soit promues des filières de proximité de dons, de réparation, de vente à petit prix au bénéfice d’associations ou d’entreprises d’insertion sans que cela passe par le circuit onéreux de la collecte et du tri.
Qu’une taxe incitative soit élaborée, c’est-à-dire qu’elle récompense collectivement les efforts de tous, de manière à éviter les stratégies de fraude que les uns et les autres pourraient échafauder pour récupérer un gain individuel.
Que nous prenions exemple sur Envie. Cette semaine, cette entreprise d’insertion a arrêté son camion de réparation place du Commerce pour sensibiliser les Nantais à la réparation de leurs appareils électroménagers. Tout y est : le geste d’aller au-devant des habitants, de les former, d’éviter le stade de déchet pour lui préférer la revente ou la réparation, de créer des emplois. Autant de principes qui fondent l’ESS. Faisons nôtres ces principes et fixons nous comme cap le zéro déchet, à la Suite de San Franciso ou, plus près de nous, de Roubaix.

Je vous remercie de votre attention.