Budget 2018 de la ville de Saint-Herblain

Ville de Saint-Herblain – Intervention lors du Conseil municipal du 9 février 2018
Intervention de Jean-François TALLIO à propos du budget pour les élu-e-s EELV et ESHA.

Mesdames, Messieurs, cher-e-s collègues,

Le budget que vient de nous présenter Marcel Cotin est un exercice d’équilibrisme tant les contraintes fixées par le gouvernement sont nombreuses.

Le problème avec ce gouvernement c’est que les efforts demandés ne sont pas équitablement répartis.
Nous avons maintenant une appréciation précise des incidences  de la diminution des APL. Le figaro, qui n’est pas un journal de gauche rapportait la semaine dernière que les bailleurs sociaux, particulièrement les bailleurs sociaux publics, ceux qui n’ont pas de réserves, vont moins construire et moins réhabiliter en 2018.
Leurs principales recettes viennent des loyers. Si les loyers baissent, moins de rentrées d’argent et moins de moyens d’action. Les professionnels du logement sont consternés. Nous manquons de logements et la fabrication va être freinée. Cherchez l’erreur!

Nous avions tiré la sonnette d’alarme. C’est maintenant une réalité.

Or, de l’argent, il y en a, pour des exonérations fiscales des plus aisés, il y en a également pour augmenter le ministère des armées: + 1.8 milliards d’Euro en 2018.
Pendant ce temps, l’État se désengage de ses missions régaliennes sur ses obligations en matière de santé : les hôpitaux sont un des lieux de travail où la souffrance au travail est la plus forte. On marche sur la tête.

Dans ce contexte de pressions de tout ordre, on annonce à nouveau la suppression de 120 000 fonctionnaires dont 70000 dans la fonction publique territoriale.
Pire, le gouvernement met en place la contractualisation entre les collectivités et l’État.
Pas toutes, les plus importantes. Saint-Herblain en fait partie. Nous nous serions bien passés de cette contrainte supplémentaire.

Le gouvernement veut limiter à 1.2% l’augmentation des dépenses de fonctionnement quand la seule application du Glissement Vieillesse Technicité, soit les évolutions de carrière des agents entraîne une augmentation supérieure à 1.2%.
C’est comme si Mr Macron nous disait de ne plus entretenir les espaces verts, de ne plus entretenir nos bâtiments, de licencier une partie du personnel.
Ceci dans un souhait de limiter les investissements des collectivités, qui généreraient trop de frais de fonctionnement.

Mais, cher-e-s collègues,  nous n’avons jamais été aussi sourcilleux de nos dépenses. Ceux qui voudraient nous contraindre davantage ne viennent-ils pas de voter à nouveau un budget de l’État en déficit de plus de 80 milliards d’euros.
Des investissements, c’est aussi une activité économique, qui crée ou soutient l’emploi, dont nos territoires ont besoin.
Pourrait-on être verbalisé d’offrir des services publics de qualité sur la commune et particulièrement sur les quartiers politique de la ville?
Faut-il diminuer les subventions attribuées aux associations quand les besoins sont si nombreux, quand ces acteurs, bénévoles le plus souvent, participent à la cohésion de la cité.

A ce titre, au regard des besoins énormes pour les citoyens du 4eme âge et de la limite de nos équipements pour accueillir nos séniors, nous proposons de soutenir les projets associatifs pour une cohabitation entre jeunes et séniors dans un même logement, pour augmenter l’intervention de personnels qualifiés permettant un maintien à domicile de qualité.

Pour mobiliser la place des citoyens, accompagner leur envie d’investissement dans la cité, nous pensons qu’il nous faut prolonger les dialogues citoyens et innover davantage encore.
Nous proposons à nouveau que le budget de la ville contienne une ligne pour la dynamique de budget participatif, comme un levier à la participation citoyenne. Les habitants ont des idées pour des projets de proximité qui soutiennent le vivre ensemble. La logique du budget participatif permet de discuter entre élu-e-s et habitants pour comprendre les besoins et arbitrer ensuite sur ce qui sera retenu. Aux Assises nationales de la Citoyenneté à Rennes, en décembre dernier, nous avons pu voir le foisonnement d’expériences et les évaluations établies par les élu-e-s et les habitant-e-s. Les villes sont de plus en plus nombreuses à adopter ce dispositif : Grenoble, Dunkerque, Montreuil, Lanester, Paris (qui y consacre 5 % de son budget). Une expérimentation est possible sans tarder. Elle est souhaitable et attendue.

Le budget présenté ce soir fait apparaître un recours à l’emprunt qui sera très faible. Démarche prudentielle, responsable dans la période, qui donne tout de même la possibilité de quelques propositions novatrices.

Oui, chers collègues, nous devons innover pour ne pas subir, et continuer d’imaginer un modèle de développement plus sobre, où la réflexion sur le temps des villes nous invite à optimiser nos équipements, nos moyens de déplacement avant d’en imaginer de nouveaux.

L’abandon du projet d’aéroport à Notre Dame des Landes nous permet, ensemble je l’espère, de penser, d’imaginer un développement tout autant au service de l’emploi, mais plus sobre en dépenses énergétiques, animé par le souci des circuits courts. C’est l’occasion de penser ensemble un autre développement de notre territoire, le développement d’une agriculture de proximité.

Je vous remercie de votre attention.