Rapport Nantes Métropole sur l’eau pour 2018

Conseil municipal du 7 Octobre 2019

Intervention de Ghislaine Carrez sur Rapport NM – eau- assainissement

Mesdames, messieurs, cher.e.s collègues,

Le rapport qui vient de nous être présenté n’est pas dénué de bonnes nouvelles :

  • le prix de vente de l’eau qui est bas, comparé aux services analogues d’autres métropoles françaises,
  • la relativement faible consommation en eau des ménages de l’agglomération, de 120 l par jour et par habitant à comparer aux 150 litres de la moyenne nationale, cette performance continuant de s’améliorer,
  • la santé économique du secteur qui, au moins, témoigne d’une bonne gestion.

Nous pouvons ensemble nous féliciter de l’intérêt d’une gestion de l’eau en régie publique.

Mais il laisse aussi des interrogations, des étonnements et des évolutions attendues.

Les interrogations, d’abord.

La collectivité dit s’engager à limiter la consommation d’eau de tout type d’usager : comment s’y est-elle pris ? par quelle campagne de sensibilisation et quelles mesures coercitives ? Notamment dispose-t-elle de moyens pour faire respecter les arrêtés « sécheresse » ou de restriction d’eau ?

En 2018 5 contrôles seulement des reversements industriels, càd des rejets des eaux après traitement par les industriels, ont été opérés contre 25 en 2017. Pourquoi ce faible nombre et quels en ont été les résultats ?

Il serait intéressant de comparer les prestations et performances des deux opérateurs d’assainissement en concurrence sur la métropole pour l’assainissement : la régie et Suez.

Enfin il n’est rien dit des perturbateurs endocriniens : quels contrôles en sont faits, quelles recherches sont menées pour les neutraliser dans les milieux aquatiques et l’eau potable de l’agglomération ?

 

Les évolutions attendues :

Le rapport se félicite du ratio de perte d’eau. Peut-on se satisfaire de gaspiller 20% de l’eau mise dans le réseau, de gaspiller quelques 8 millions de m3 d’eau. Peut-on se contenter de cet indice alors qu’il s’est aggravé de 17% par rapport à 2014 ?

Enfin, et vous excuserez ce léger pas de côté par rapport au bilan 2018 pour évoquer ce qui a été davantage d’actualité en 2019.
Durant l’été, suite à un arrêté préfectoral, notre commune était soumise à restrictions d’eau sur une partie seulement et en vigilance pour le reste. Dans ce cas, l’arrosage des green de golf est jugé non prioritaire et pourtant tout l’été le golf de la Gournerie les a arrosé. Comment peut-on accepter cela ?

Ce qui ressort de ce bilan c’est que l’eau et l’assainissement sont des activités rentables, toutes entières assises sur des volumes consommés, qui, si l’on en juge par la gestion des pertes, n’a pas intégré que l’eau n’est plus un bien de consommation ordinaire mais un commun qui se raréfie. Nous espérons lire, dans le bilan 2019, des changements structurels qui témoignent de sa réorganisation pour prendre en compte cette donnée irréfutable.

Je vous remercie de votre attention.