Plus de concertation et d’accompagnement pour le retour à l’école et dans les crèches

Conseil municipal du 7 Mai 2020
Intervention de Sandrine Buchou sur le Plan de reprise d’activité pour l’école et la petite enfance

Monsieur le Maire, Mesdames, Messieurs,
Nous le savons tous et toutes, la période que nous traversons, faite d’inquiétudes et d’incertitudes, est particulièrement anxiogène.
Le gouvernement après avoir annoncé sa volonté de déconfinement progressif par la reprise en premier lieu des écoles et de l’accueil petite enfance, se contente d’édicter des règles, laissant le soin aux collectivités locales, à l’éducation nationale et aux parents, de prendre les décisions, en fonction des réalités de terrain. La forme est critiquable, tout comme le fond l’est également. Oui, nous sommes en droit de nous interroger sur la notion de bénéfice/risque d’une telle décision au nom d’une reprise rapide de l’économie, un retour rapide dans un monde qui nous a conduits à cette crise planétaire.
Mais la délégation d’un certain nombre de décisions aux élus locaux permettent aussi un peu de souplesse dans notre façon d’imaginer cette reprise. Elle comporte évidemment son lot de questions, d’appréhensions et de problématiques. Mais nous avons les moyens d’entendre, de rassurer, de sécuriser et d’éviter que le retour dans les écoles et les structures d’accueil soit vécu dans la peur et l’incompréhension.
Les familles sont inquiètes. Elles n’ont été consultées que pour faire connaître leur décision d’emmener ou non leur enfant à l’école la semaine prochaine. De même pour les parents de jeunes enfants, n’ayant été questionnés que sur leurs besoins d’accueil liés à une activité professionnelle.
Comment peut-on demander aux parents de prendre une telle décision, dans un climat de peur ambiante, sans même récolter leurs interrogations, sans même leur indiquer les conditions d’accueil qui attendent leur enfant à la rentrée?
Comment peut-on vouloir répondre à cette problématique en se privant de consulter tous les acteurs?
Les associations de parents d’élèves n’ont reçu aucune information municipale. Nous nous contentons de décompter le nombre d’enfants à accueillir et laissons le soin aux services, et aux membres de l’éducation nationale, d’imaginer la reprise avec les directives reçues.
Il est possible de penser et d’agir autrement. C’est le moment de construire ensemble. Agir dans la précipitation empêche de réfléchir, nous ferme à la complexité et donc à la richesse de la mutualisation des compétences.
Sur Nantes, depuis le 28 avril, des réunions audios et visios ont été lancées depuis le 28 avril avec les différents acteurs. C’est donc possible, nous pouvons en faire de même.
Notre mission n’est pas seulement de répondre aux directives gouvernementales mais bien de veiller à la santé, à la sécurité, au bien-être de nos concitoyens. Cela doit passer par une phase de concertation. C’est seulement ainsi que nous pourrons répondre aux besoins réels, être attentif aux plus fragiles.
– Comment accompagner les parents dans leur choix de mettre ou pas leurs enfants à l’école ou à la crèche (en sachant que le nombre de place sera aussi limité) ?
– Comment accompagner les parents pour préparer les enfants à ce retour très particulier ?
– Comment prendre en compte des besoins (émotionnels, affectifs et sociaux) des plus petits pour les 0-3 ans à la crèche et 3-6 ans à la maternelle ?
Le contexte sanitaire ne doit pas nous faire oublier la nécessité de garantir une sécurité psychique et affective, essentielle au développement des enfants.
De plus, il nous faut du temps pour retourner vers tous les élèves en décrochage scolaire qui ne reprendront pas d’eux-mêmes le chemin de l’école la semaine prochaine.
Il nous faut du temps pour accompagner les familles les plus précaires à revenir vers un mode d’accueil pour leurs jeunes enfants. La priorité ne doit pas être faite seulement aux parents qui travaillent. Notre curseur ne doit pas être uniquement économique. Nous avons un rôle de prévention, d’accompagnement, de soutien,… Prenons notre part.
Oui, cette crise nous bouscule, elle nous oblige à réfléchir vite, parfois même à agir avant de pouvoir réfléchir…
Et si nous prenions le contre-courant? Et si nous permettions à chacun de reprendre le dessus en responsabilisant, en redevenant acteur au lieu de subir? Nous en avons les moyens, ayons aussi le courage.
Pour pallier à cette reprise précipitée, pendant ce mois de mai, il pourrait être proposé des cafés des parents en limitant bien sûr le nombre et respectant les gestes barrières au niveau des écoles, des crèches et multi-accueil.
Merci pour votre attention.